Pédaler autour de Sélestat, c’est s’offrir un concentré d’Alsace en quelques tours de roue. La ville, au carrefour de la plaine du Ried et du vignoble, offre un point de départ pratique pour explorer le secteur à vélo. En juillet 2026, réserve naturelle, châteaux forts et villages médiévaux se dévoilent le long de six circuits taillés pour tous les profils, de la balade dominicale à l’ascension sportive.
La boucle verte : l’échappée familiale entre ville et nature
Pensée pour les sorties en famille, la Boucle verte est un bon choix pour une première découverte du territoire. Le parcours relie le centre historique de Sélestat aux espaces naturels voisins.
Le circuit s’étend sur 14 kilomètres, avec un dénivelé quasi nul. Selon Visit Alsace, le niveau est qualifié de « facile » et le temps de parcours moyen va d’une heure à 1 heure 30, pauses comprises. Son tracé entièrement balisé et sécurisé aide à partir l’esprit tranquille. Les cyclistes empruntent surtout des pistes goudronnées et des chemins forestiers bien entretenus, un terrain rassurant avec de jeunes enfants.

Le passage dans l’Ill*Wald est le moment le plus marquant de la balade. Cette réserve naturelle nationale abrite une vaste forêt alluviale où il n’est pas rare d’observer une harde de daims en liberté. La fraîcheur des sous-bois en fait une halte appréciable pendant les après-midis d’été. À mi-chemin, la zone de loisirs du Grubfeld offre un bon arrêt pour un pique-nique. Cette boucle mêle découverte urbaine et immersion dans un écosystème remarquable, sans demander d’effort technique.
La véloroute du vignoble (EV5) : entre châteaux et grands crus
La Véloroute du Vignoble, tronçon de l’EuroVelo 5, déroule ici un décor très alsacien. Depuis Sélestat, l’itinéraire suit les coteaux vers Ribeauvillé ou Obernai, avec les contreforts vosgiens en toile de fond.
Le tracé file vers Scherwiller, réputé pour son Riesling, puis traverse Châtenois et ses remparts médiévaux avant d’atteindre Bergheim, classé parmi les « Plus Beaux Villages de France ». Les cyclistes empruntent des chemins de vigne et d’anciennes voies romaines. L’ensemble reste à l’écart du trafic de la Route des Vins. Les points de vue sur les ruines de l’Ortenbourg et sur le Haut-Koenigsbourg marquent le parcours. Le relief est ici plus vallonné, avec des montées modérées qui restent accessibles, surtout avec l’assistance électrique d’un VAE.
L’étape Sélestat–Colmar s’intègre dans un axe plus vaste de 137 kilomètres. La signalétique EV5 aide à suivre l’itinéraire sans se tromper. Des adresses de vignerons jalonnent le parcours ; une halte pour goûter des vins d’AOC Alsace vient naturellement. Ici, le patrimoine bâti, les paysages viticoles et le plaisir de la table se répondent.
Le circuit du Ried : immersion au cœur des zones humides
Pour les amateurs d’espaces ouverts et de biodiversité, le circuit du Ried montre une Alsace plus discrète. Le parcours quitte les coteaux viticoles pour traverser les prairies humides et les bras morts de l’Ill.
Long d’environ 35,5 kilomètres, avec seulement 12 mètres de dénivelé positif, il se parcourt en 3 heures 30 à 4 heures selon les arrêts. L’itinéraire passe par des villages comme Ebersheim ou Mussig, avec une halte à Muttersholtz. Ce village, désigné capitale française de la biodiversité, abrite la Maison de la Nature, utile pour comprendre l’écosystème du Ried. Plus loin, l’abbatiale baroque d’Ebersmunster se dresse au milieu des champs. Ses clochers à bulbe et son orgue Silbermann suffisent à en faire une étape à part.
Le terrain est extrêmement plat, ce qui limite l’effort physique. L’énergie du cycliste va surtout à l’observation : cigognes, courlis cendrés et flore aquatique dense accompagnent la balade. Les routes sont peu fréquentées ou dotées d’aménagements cyclables. Le circuit permet aussi de goûter à la cuisine locale, où la matelote de poissons d’eau douce tient une place de choix. On est ici dans l’Alsace dite « bleue », celle des rivières et des sources phréatiques.

L’ascension du Haut-Koenigsbourg : le défi sportif
Les cyclistes en quête de dénivelé trouveront dans la montée vers le château du Haut-Koenigsbourg un vrai test pour les jambes. C’est le parcours à faire pour mesurer son endurance près de Sélestat.
Le parcours demande un peu d’entraînement, ou un vélo à assistance électrique. La forteresse domine la plaine du haut de ses 757 mètres. La route forestière qui y mène est bien revêtue mais sinueuse, avec un dénivelé positif d’environ 450 à 500 mètres pour la seule ascension. L’effort devient vite sérieux sur certains pourcentages. En haut, le panorama à 360° embrasse la plaine d’Alsace, la Forêt-Noire et, par temps clair, les Alpes.
Une boucle populaire de 58,7 kilomètres au départ de Sélestat intègre cette montée avant un retour par les vignobles. Souvent, les cyclotouristes enchaînent avec la descente technique vers Kintzheim ou Saint-Hippolyte. Mieux vaut tenter l’ascension tôt en saison estivale pour éviter les navettes touristiques. Le château, le plus visité d’Alsace, donne à cette montée une dimension à la fois sportive et historique.
La véloroute de la vallée de Villé : la Route du Sel
Pour une échappée plus discrète, la véloroute reliant Villé à Sélestat suit l’ancienne Route du Sel. L’itinéraire descend des premiers contreforts vosgiens vers la plaine, avec un profil très favorable.
La distance est de 17 kilomètres, avec un dénivelé négatif dans le sens Villé–Sélestat, ce qui rend la sortie très accessible. 80 % du tracé est en site propre, c’est-à-dire sur une piste cyclable dédiée au revêtement bituminé, selon l’AF3V. Le chemin longe la rivière Giessen et traverse des vergers. Villé, capitale du Kirsch, permet une halte gourmande autour des eaux-de-vie locales.
La descente progressive laisse voir les châteaux de l’Ortenbourg et du Ramstein. L’arrivée à Scherwiller marque la connexion avec les grands axes de la Véloroute du Vignoble, avant les ruelles médiévales de Sélestat. L’itinéraire montre une Alsace rurale et artisanale, moins exposée aux grands flux touristiques. Pour le retour, les lignes de transport Fluo Grand Est, équipées de supports vélos, desservent la vallée.
Boucle « cités médiévales et art baroque » : le condensé d’Alsace
Pour qui veut voir l’essentiel du secteur en une journée, la boucle locale n°620 fonctionne comme un « best-of » du territoire. Ce circuit mixte réunit paysages variés, patrimoine viticole et architecture.
Ce parcours de 47 kilomètres pour 260 mètres de dénivelé positif est classé en difficulté moyenne. L’itinéraire traverse sept villages typiques et trois écosystèmes distincts : la forêt, le vignoble et la plaine. La partie médiévale se voit à Dambach-la-Ville, dont l’enceinte fortifiée est bien conservée. Le volet baroque se découvre à l’abbatiale d’Ebersmunster.
Ce mélange de cultures et de paysages est la signature de cette boucle.
Synthèse proposée par Sélestat Haut-Koenigsbourg Tourisme.
Les cyclistes expérimentés conseillent de rouler en matinée sur la section viticole, pour profiter de la lumière sur les coteaux, puis de terminer l’après-midi par la plaine du Ried, plus plate et ombragée. Sélestat reste le point central. Avant de partir ou au retour, une visite de la Bibliothèque Humaniste, inscrite au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO, rappelle la richesse culturelle de l’Alsace centrale. Malgré une distance proche des 50 kilomètres, la sortie reste accessible et l’environnement varié fait vite oublier la fatigue.















