Randonneurs marchant sur les remparts de Saint-Malo au coucher du soleil, avec vue sur la mer émeraude et les plages de la Côte d’Émeraude.

6 randonnées incontournables à vivre autour de Saint-Malo

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Saint-Malo ne se résume pas à ses remparts. La cité corsaire et ses environs offrent des randonnées entre mer et terre, pour tous les niveaux. Voici six itinéraires pour découvrir la Côte d’Émeraude à pied, du tour de l’Intra-Muros au barrage de la Rance.


Le tour des remparts de Saint-Malo : l’immersion historique

La promenade sur les remparts reste la marche à faire pour comprendre l’identité de la cité corsaire.

Ce chemin de ronde en granit domine les ruelles étroites de l’Intra-Muros. La boucle fait 1,7 à 2 km et se parcourt en environ 1 heure. Elle est accessible librement 24h/24 par 8 portes et 3 bastions. Le meilleur départ se situe à la Porte Saint-Thomas : la vue s’ouvre aussitôt sur la plage du Sillon.

En progressant vers la Tour Bidouane, on découvre le panorama le plus vaste sur les îlots du Grand Bé et du Petit Bé. Le Bastion de la Hollande donne à voir les canons et la piscine d’eau de mer de Bon-Secours. La balade prend une autre allure au coucher du soleil, lorsque les reflets émeraude éclairent la Manche.

Promeneurs sur les remparts de Saint-Malo, dominant l’Intra-Muros d’un côté et la plage du Sillon et les îlots du Grand Bé au loin.
La boucle sur les remparts offre une immersion dans l’histoire de la cité corsaire avec des points de vue à 360° sur la ville et la mer.

Même courte, la promenade demande de l’attention sur les passages étroits en période d’affluence estivale. Des plaques explicatives jalonnent le parcours pour les amateurs d’histoire. C’est aussi un excellent point d’observation des grandes marées, sans risque de submersion. De nombreux escaliers permettent de rejoindre les plages ou les ruelles à tout moment. Les remparts actuels, relevés après 1944, portent encore l’histoire de la reconstruction d’une ville bombardée.

L’expédition vers les îlots du Grand Bé et du Petit Bé : le défi des marées

Cette randonnée dépend entièrement du cycle des marées. Il faut donc regarder l’heure avant de partir, pas seulement la météo.

Depuis la plage de Bon-Secours, le chemin vers le Grand Bé n’est praticable qu’à marée basse, sur l’estran, cette bande rocheuse découverte par la mer. On y trouve la tombe de l’écrivain Chateaubriand, isolée face au large. Juste derrière, le Petit Bé conserve un fort militaire construit selon les plans de Vauban, avec l’aide de son ingénieur Garangeau.

La règle est stricte : l’accès devient impossible dès que la hauteur d’eau dépasse 5,30 mètres, car le passage est submergé. Consultez les horaires officiels des marées avant de vous engager et ne traversez jamais lorsque l’eau commence à lécher le chemin. Pour la fin de semaine du 22 août 2026, les coefficients de 26 à 28, qui mesurent l’ampleur de la marée, rendent le passage impraticable.

Le Fort National, autre témoin de l’architecture défensive, reste accessible plus longtemps, car son passage est plus haut. En cas de mauvaise appréciation, restez sur l’îlot et appelez les secours plutôt que de tenter une nage périlleuse. Attention aussi aux rochers glissants couverts d’algues qui bordent l’itinéraire. Privilégiez les jours de vives-eaux, c’est-à-dire les grandes marées, pour une traversée complète.

La Pointe de la Varde : nature sauvage et vestiges militaires

À l’est de la ville, ce promontoire offre une vraie pause nature, avec un panorama à 360 degrés.

La Pointe de la Varde culmine à 32 mètres au-dessus de la baie de Saint-Malo. Ce site protégé du Conservatoire du littoral abrite des landes et des plantes résistantes aux embruns. Le sentier vallonné en fait le tour sur une boucle de 7,3 km au départ du quartier de Rothéneuf.

Les vestiges militaires se succèdent : fortifications de Vauban et de son ingénieur Garangeau, blockhaus de 1944 et postes de défense désaffectés. Certains bunkers sont interdits d’accès pour des raisons de sécurité, mais leur extérieur reste saisissant. Restez sur les chemins balisés pour préserver ce site classé Espace naturel sensible.

Par temps clair, la vue s’étend sur toute la cité corsaire à l’ouest et jusqu’à la Pointe du Grouin à l’est. Le lieu se prête particulièrement à l’observation des tempêtes ou des grandes marées, loin de l’agitation urbaine. Cette étape se prolonge facilement par une marche sur le GR34.

Le GR34 de Saint-Malo à Cancale : le grand défi côtier

Le sentier des douaniers livre ici l’un de ses tronçons les plus exigeants, entre Saint-Malo et Cancale.

Ce segment du GR34, aussi appelé sentier des douaniers, demande une bonne condition physique. Sa distance varie de 25 à 34 km selon le tracé et les variantes, avec un dénivelé positif cumulé d’environ 575 mètres. Les randonneurs confirmés le parcourent en moyenne en 8h15, sans compter les pauses.

Le départ se fait par la plage du Sillon, avant de longer les pointes rocheuses de Rothéneuf. Le passage par l’Anse du Guesclin révèle l’île qui a appartenu au chanteur Léo Ferré. Le sentier suit les découpes du littoral, entre plages de sable fin, falaises et criques sauvages. À la Pointe du Grouin, le Mont-Saint-Michel se dessine à l’horizon par temps clair.

La descente vers le port de la Houle à Cancale peut se conclure par une dégustation d’huîtres fraîches. Pour éviter le retour à pied, une ligne de bus régulière relie Cancale à Saint-Malo. Prévoyez une gourde d’1,5 litre et des chaussures de trail : le terrain est parfois glissant.

Les Rochers sculptés de Rothéneuf : art brut et sentier thématique

Cette balade mêle littoral et création artistique à ciel ouvert. Les figures taillées dans le granit donnent au parcours un caractère singulier.

Au quartier de Rothéneuf, l’abbé Fouré, prêtre sourd et muet, a passé treize ans à tailler plus de 300 statues dans le granit face à la mer. Le site, propriété privée, se visite pour 5 euros, avec une entrée gratuite pour les moins de 10 ans. Il faut emprunter un sentier escarpé, inaccessible aux poussettes, mais fascinant pour les enfants capables de marcher.

La boucle thématique « Au temps de l’Ermite » s’étend sur 4,3 km. Des bornes numériques et des QR codes racontent la légende de la famille de corsaires Rothéneuf et le travail de l’artiste. Après la visite, le sentier continue vers la pointe du Christ et domine le havre de Rothéneuf et l’île Besnard.

Cette courte randonnée se combine facilement avec une baignade sur la plage du Val. Elle convient aux familles qui veulent mêler marche et patrimoine insolite. La lumière rasante du soir accentue les visages gravés dans la pierre.

De Saint-Malo à Dinard par le barrage de la Rance : l’union terre et mer

Cette randonnée linéaire relie deux stations balnéaires en suivant l’estuaire de la Rance.

Randonneurs traversant le barrage de la Rance à pied, entre estuaire et mer, avec la centrale marémotrice et les rives boisées en arrière-plan.
Le franchissement du barrage de la Rance marque le temps fort de la randonnée entre Saint-Malo et Dinard, entre patrimoine industriel et paysages maritimes.

Le départ se fait souvent de Saint-Servan, sous la Tour Solidor, en contournant la presqu’île de la Cité d’Alet. Le sentier longe plusieurs malouinières, ces maisons de campagne des anciens armateurs. L’itinéraire fait 13 à 15 km selon le point d’arrivée, avec un dénivelé modéré de 225 mètres.

Le passage du barrage de la Rance marque le parcours. Cette première usine marémotrice au monde, mise en service en 1966, se traverse gratuitement par une digue piétonne. On y observe le ballet des écluses et la force des courants de l’estuaire, même si de brèves interruptions sont possibles lors des levées de pont pour les navires.

Côté Dinard, le sentier boisé surplombe des villas Belle Époque. La promenade du Clair de Lune offre une arrivée face à la baie de Saint-Malo. Pour le retour, le bateau-bus traverse la Rance en 10 minutes et dépose les marcheurs au pied des remparts.