Randonneurs sur un sentier en balcon au-dessus de Barcelonnette, avec un lac glaciaire turquoise et les sommets alpins de la vallée de l’Ubaye en été.

7 randonnées autour de Barcelonnette entre lacs glaciaires et sommets alpins

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À Barcelonnette, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le soleil n’est qu’une partie du décor. La vallée de l’Ubaye enchaîne lacs glaciaires, frontière italienne et grands panoramas. Des itinéraires familiaux aux ascensions au-dessus de 3 000 mètres, voici sept randonnées à faire cet été 2026.


1. Le Chapeau de Gendarme (Le Lan) : le sommet emblématique

Vu depuis Barcelonnette, il domine la vallée avec sa silhouette de bicorne du XIXe siècle. Longtemps appelé « Le Lan », ce sommet culmine à 2 682 mètres et demande une ascension soutenue au départ de la station de Super-Sauze (1 700 m). Pour l’itinéraire classique, comptez 6h30 de marche et 1 084 mètres de dénivelé positif.

La première partie serpente dans un mélézin lumineux, où les mélèzes laissent apparaître leurs aiguilles tendres au printemps. Le sentier gagne ensuite le vallon de la Goutta, refuge des marmottes, avant de basculer au collet du Queyron dans une ambiance nettement plus minérale. La crête terminale demande le pied sûr, mais rien de vraiment technique ne bloque le passage. Une fois au sommet, le regard porte à 360 degrés : le Brec de Chambeyron, les cimes du Mercantour et le massif du Pelvoux se détachent par temps clair. Les plus patients pourront peut-être observer bouquetins et chamois sur les pentes d’ubac, où la neige s’attarde. Pour varier la descente, prenez le col du Gyp, avec son alternance d’alpages et de pierriers.

2. Les lacs de l’Orrenaye et de Roburent : l’évasion transfrontalière

Classée facile à moyenne, cette randonnée convient aussi bien aux sorties familiales qu’aux amateurs de photo. Le point de départ se situe au parking du Pontet, à deux pas du col de Larche. Le sentier remonte tranquillement le vallon de l’Orrenaye, typique d’un vallon glaciaire aux formes évasées, dominé par la Tête de Moïse (3 104 m). Après avoir longé le premier lac, une courte grimpée mène au col de Roburent (2 502 m). Ici, la France et l’Italie se rejoignent, marquées par des bornes en pierre gravées de fleurs de lys et de croix de Savoie.

Le Lago di Roburent offre souvent des reflets turquoise spectaculaires, surtout en milieu de journée. Il n’est pas rare d’entendre le sifflement des marmottes, peu farouches sur ce secteur. L’aller-retour depuis le Pontet totalise 11 km pour environ 615 mètres de dénivelé. Les marcheurs plus entraînés peuvent revenir par le col de la Gipière, une boucle exigeante qui allonge nettement le parcours, mais traverse un terrain sauvage et isolé.

Vue sur les lacs de l’Orrenaye et de Roburent aux eaux turquoise, entourés de pentes herbeuses et de sommets rocheux à la frontière franco-italienne, avec des randonneurs sur le sentier.
Les lacs de l’Orrenaye et de Roburent offrent une randonnée accessible, avec des panoramas glaciaires et une ambiance franco-italienne bien marquée.

3. Le vallon du Lauzanier : le sanctuaire de la faune

Porte d’entrée du Parc national du Mercantour, le vallon du Lauzanier est sans doute le lieu le plus accessible pour observer la vie sauvage en Ubaye. Depuis le parking de la Madeleine (1 990 m), près du col de Larche, un chemin en pente douce conduit au lac du Lauzanier (2 284 m). La balade compte 650 mètres de dénivelé positif pour 5 à 6 heures de marche aller-retour, sans difficulté technique.

Dès les premiers lacets, les colonies de marmottes se laissent facilement approcher. En prenant un peu d’altitude, on peut apercevoir la silhouette d’un gypaète barbu, ce vautour au plumage orangé qui a fait l’objet d’un programme de réintroduction réussi. En juillet et août, les troupeaux de brebis investissent les alpages : les chiens sont alors strictement interdits, même tenus en laisse, sur l’ensemble du parcours. Les botanistes amateurs repèrent rapidement le lys martagon ou la gentiane de Koch. Pour prolonger la sortie, une ascension facultative jusqu’au lac de Derrière la Croix dévoile un cirque rocheux encore plus sévère.

4. La Tête de Louis XVI : le balcon sur Serre-Ponçon

Ce sommet doit sa popularité à une singularité topographique : vu de loin, son profil couché rappelle le roi déchu. Il s’atteint depuis le hameau des Clots, sur la commune de Méolans-Revel, pour une distance d’environ 9 km aller-retour. L’itinéraire gravit 808 mètres de dénivelé jusqu’à 2 408 mètres d’altitude et se situe entre la difficulté moyenne et difficile, surtout en cas d’enneigement tardif.

La montée traverse d’abord une forêt de pins sylvestres avant de déboucher sur les alpages de Roche Juan, où une pause s’impose pour admirer la vallée en contrebas. La dernière crête, étroite, donne franchement le vertige : d’un côté, le regard plonge sur les gorges de l’Ubaye ; de l’autre, sur la branche ubayenne du lac de Serre-Ponçon, aux eaux d’un bleu profond. C’est aussi un bon poste d’observation pour les grands vautours fauves, reconnaissables à leur envergure imposante et à leur vol plané au ras des falaises schisteuses.

5. Les lacs de Marinet : au pied du géant Chambeyron

Pour s’offrir un décor de haute montagne brute, il faut pousser jusqu’à Maljasset (1 900 m), le « bout du monde » de la Haute-Ubaye. De là, une piste s’enfonce dans le vallon de Mary, autrefois emprunté par les cols du commerce transfrontalier. L’objectif, deux lacs nichés à 2 540 mètres, demande 768 mètres de dénivelé pour une durée de 4h30 à 5h.

Au fil de la montée, l’Aiguille de Chambeyron, point culminant de l’Ubaye à 3 412 mètres, se détache peu à peu. Le paysage devient plus minéral : glaciers rocheux, névés persistants et cairns jalonnent l’itinéraire. Les lacs de Marinet, aux nuances vert émeraude selon la lumière, récompensent l’effort. Cette randonnée constitue aussi une étape possible du GR56, le tour de l’Ubaye, et offre une solitude rare en été. Les randonneurs doivent toutefois être bien équipés, car la météo change vite à cette altitude.

Randonneur montant par un sentier forestier vers le Fort de Tournoux accroché à un éperon rocheux, dominant la vallée de l’Ubaye en contrebas.
La randonnée du Fort de Tournoux associe panorama alpin et découverte d’un patrimoine militaire du XIXe siècle.

6. Le Fort de Tournoux : randonnée entre histoire et patrimoine

Allier marche et visite culturelle fait tout l’intérêt de ce circuit, qui traverse l’un des ensembles fortifiés les plus impressionnants des Alpes. Construit entre 1839 et 1866 sur un éperon rocheux, le « Versailles militaire » – selon l’appellation locale – cumule près de 700 mètres de dénivelé entre le fort bas et le fort supérieur. La boucle complète se fait en 3 à 4 heures.

Le sentier ombragé serpente à travers la forêt et relie les différents niveaux : le fort Moyen, la batterie XII et le fort Supérieur. Les galeries souterraines, creusées à même la roche, témoignent du système de défense Séré de Rivières. La vue plongeante sur la Condamine-Châtelard et la jonction des vallées de l’Ubaye et de l’Ubayette ajoute une dimension panoramique à cette balade patrimoniale. Des visites guidées payantes permettent d’explorer les ouvrages intérieurs, si vous souhaitez aller plus loin dans l’histoire militaire des lieux.

7. Le Grand Bérard : le défi des 3 000 mètres

Ce sommet isolé, qui culmine à 3 046 mètres, s’adresse exclusivement aux randonneurs expérimentés. Le parcours au départ du pont du Bérard, au-dessus de la Condamine-Châtelard, nécessite d’encaisser 1 250 mètres de dénivelé et de mettre les mains sur quelques ressauts rocheux (escalade facile de cotation II). Il faut prévoir 6 à 7 heures de marche pour la boucle.

La première partie remonte le vallon sauvage du Parpaillon jusqu’au pas du Reverdillon, où les éboulis de flysch annoncent l’ambiance minérale de la partie haute. La crête finale, aérienne, exige une concentration constante. Par temps clair, le panorama dévoile le massif des Écrins, le Viso et l’ensemble des sommets de la Haute-Ubaye. La descente, souvent réalisée par le versant sud, traverse des zones de schiste lustré qui glissent sous le pied. Une météo stable et un départ matinal sont impératifs.