En Creuse, Guéret est bien plus qu’une préfecture tranquille. Son territoire vallonné, entre forêts denses et vallées fluviales, est devenu un terrain apprécié des cyclistes avertis grâce à un dénivelé positif omniprésent. Du vététiste baroudeur au cyclotouriste contemplatif, l’agglomération propose des circuits taillés pour l’effort, la sueur et les panoramas sur le département le moins peuplé de la région Nouvelle-Aquitaine.
Le grand tour des Monts de Guéret (VTT-FFC n°94)
Le massif forestier guérétois abrite l’un des sites labellisés les plus exigeants de France. Classé n°94 par la Fédération Française de Cyclisme, le Grand Tour des Monts de Guéret est un itinéraire d’exception pour les amateurs de longues distances cassantes. La boucle affiche 157 kilomètres pour plus de 3 000 mètres de dénivelé positif. Une distance qui le réserve aux pilotes en excellente condition physique, capables d’enchaîner les relances et de composer avec le chaos granitique.
Le parcours traverse la Forêt Domaniale de Chabrières. Le relief y est accidenté, comme souvent dans le Massif Central, et les rochers légendaires comme la Pierre de la Grosle surgissent entre les hêtres. Ici, la géologie donne le tempo : les roues frottent une terre tantôt meuble, tantôt couverte de dalles polies par le temps. Les passages techniques sont nombreux, à la hauteur des zones de trial et de descente aménagées par la Station Sports Nature locale. L’itinéraire peut se scinder en deux ou quatre étapes pour ceux qui préfèrent l’itinérance sportive à la performance d’une traite.
Le circuit passe aussi tout près du Parc Animalier des Loups de Chabrières. Les cris des canidés, portés par le vent, accompagnent parfois les coups de pédale dans les montées les plus raides. Pour les vététistes, la navigation repose sur un balisage parfaitement normé : vert pour les familles, rouge et noir pour les experts. Au total, 37 circuits VTT balisés quadrillent le secteur et font des Monts de Guéret un point de référence du cyclisme tout-terrain dans la Creuse.

La boucle de la vallée de la Creuse : Guéret – Anzême – Glénic
Pour une immersion plus contemplative sans renoncer au relief, la boucle reliant le plan d’eau de Courtille aux villages d’Anzême et de Glénic offre un concentré de patrimoine bâti et naturel. Longue de 36,3 kilomètres pour un dénivelé d’environ 390 mètres, cette sortie est taillée pour le vélo de route ou le gravel léger, sur un revêtement goudronné presque intégral. Le départ se prend au lac de Courtille, base idéale grâce à son stationnement gratuit et à ses vastes espaces verts.
Dès les premiers tours de roue, le bitume plonge en direction du lit de la Creuse. La route bascule dans un monde minéral où les gorges se resserrent. Le point d’orgue architectural est le franchissement du Viaduc de Glénic. Cet imposant ouvrage d’art ferroviaire reconverti suspend le cycliste au-dessus du village et offre une perspective aérienne rare en milieu rural. Plus loin, les ponts historiques, notamment le Pont-à-la-Dauge, structurent le tracé. Le village d’Anzême mérite une pause prolongée pour admirer ses belvédères plongeant sur la rivière et son église romane.
Ne vous fiez pas à son kilométrage modeste : le parcours est un vrai yoyo. Chaque descente vers un fond de vallée se paie par une remontée sèche, fidèle à la réputation vallonnée de la Creuse. Les routes, très peu fréquentées par les automobilistes, permettent de rouler sereinement. À l’automne, les couleurs flamboyantes des feuillus qui bordent la Creuse se reflètent dans l’eau et rendent l’effort presque secondaire.

L’ascension du Maupuy et le panorama des Trois Cornes
Visible depuis Guéret grâce à son antenne émettrice, le sommet du Maupuy est le juge de paix des cyclistes grimpeurs en Creuse. Culminant à 685 mètres d’altitude, il ne domine pas par son chiffre, mais par la rudesse de ses pentes. L’ascension fait partie des sorties habituelles des clubs locaux, un exercice de souffle où les pourcentages obligent à un braquet adapté. L’esplanade sommitale sert de récompense : par temps dégagé, le regard balaye l’intégralité des monts guérétois et parvient parfois à distinguer les silhouettes lointaines des volcans d’Auvergne.
Pour transformer cette montée en une sortie complète, les locaux intègrent la bosse du Puy des Trois Cornes dans une grande boucle. L’itinéraire global affiche 66 kilomètres pour un dénivelé cumulé de 882 mètres. Le tracé quitte les plateaux ventés pour se lover dans les forêts denses de résineux. Ces portions sous-bois sont un refuge l’été, lorsque la chaleur écrase les parties dégagées. La route vers Saint-Vaury alterne entre des passages calmes et des relances exigeantes.
C’est un terrain d’entraînement pur, loin des tracas de la circulation. La descente sur Guéret est technique, il faut rester concentré dans les épingles.
— Témoignage d’un sociétaire du Vélo Club Guérétois, recueilli lors d’une reconnaissance.
Ce circuit montre bien le visage de la Creuse. Les altitudes y sont modestes, mais l’enchaînement des difficultés en fait un territoire au profil déjà montagnard, idéal pour préparer des objectifs alpins ou pyrénéens.
Le tour de l’agglomération et le tour de Creuse à vélo
Pour ceux qui envisagent le vélo comme un voyage plutôt qu’une sortie chronométrée, Guéret devient un bon point de départ pour l’itinérance creusoise. L’ambitieux Tour de l’Agglomération du Grand Guéret propose un parcours de 149 kilomètres pour 2 550 mètres de dénivelé. Ce tracé, réservé aux experts, relie les 25 mairies du territoire sur des routes de campagne étroites. En chemin, les sites d’intérêt comme le Château de Montaigut-le-Blanc rythment la progression.
À une échelle plus large, la ville est traversée par le Tour de Creuse à vélo. Cet itinéraire balisé de 327 kilomètres fait le tour complet du département. Classé en catégorie « Aventure » par France Vélo Tourisme, il confronte le voyageur à la réalité du relief limousin : une succession de bosses, sans répit, qui sculpte des cuisses d’acier. Le développement des vélos à assistance électrique (VAE) a toutefois démocratisé ce parcours. La gare SNCF de Guéret facilite le retour, et plusieurs hébergeurs labellisés accueillent les cyclistes.
Conseils pratiques pour rouler autour de Guéret
Pédaler autour de Guéret ne s’improvise pas, sous peine de se faire surprendre par une côte non anticipée. La première règle est simple : on est rarement, voire jamais, sur le plat. Même les circuits présentés comme « faciles » comportent systématiquement une ou deux bosses significatives. Il faut donc équiper son vélo, route ou VTT, de développements adaptés aux forts pourcentages. Un plateau compact ou une large cassette sont des alliés précieux.
Le Plan d’eau de Courtille, à la périphérie de Guéret, sert de camp de base universel. Vous y trouverez un parking immense, des sanitaires et un cadre agréable pour l’étirement post-effort. Pour la météo, privilégiez l’intersaison. Le printemps et l’automne offrent des températures clémentes et de belles lumières, là où l’été peut frapper fort sur les plateaux découverts et où l’hiver rend les sous-bois boueux ou glissants en altitude. Avant de vous élancer sur les sentiers VTT, consulter l’application mobile dédiée reste un bon réflexe : les services de l’Office de Tourisme mettent à jour régulièrement les tracés, et la note moyenne des itinéraires locaux atteint 4,4 sur 5 sur la base de plus de 250 avis.
Pensez aussi au ravitaillement. Dans cette France des petites routes, un village peut en cacher un autre, et les commerces sont parfois distants de plusieurs dizaines de kilomètres. Emportez suffisamment d’eau, de quoi réparer une crevaison et un moyen de navigation GPS. Le dédale des départementales creusoises ne pardonne pas les erreurs d’itinéraire.















