Briançon, l’un des plus beaux terrains de jeu du cyclisme européen, concentre dans un rayon de 30 kilomètres des ascensions de légende, des sentiers gravel historiques et des pistes de VTT dernière génération. Voici six circuits incontournables pour découvrir les Alpes du Sud, de la Casse Déserte de l’Izoard au Bike Park de Serre Chevalier.
Le col de l’Izoard et la Casse Déserte : l’ascension lunaire
S’il ne fallait gravir qu’un seul col depuis Briançon, ce serait celui-ci. Le col de l’Izoard est classé Hors Catégorie au Tour de France, une distinction réservée aux ascensions les plus exigeantes. Depuis Briançon, son versant nord reste le plus régulier : la route grimpe 19,2 km pour un dénivelé positif de 1 170 mètres, soit une pente moyenne de 6,5 %, avec un maximum de 9 % dans les trois derniers kilomètres. La montée traverse d’abord les forêts de mélèzes avant d’atteindre un décor minéral rare : la Casse Déserte, ses cheminées de fées et ses éboulis ocre.
Au sommet, à 2 360 mètres d’altitude, le Mémorial Louison Bobet et Fausto Coppi rappelle les deux champions qui ont fait entrer ce col dans la légende. Les cyclistes entraînés peuvent prolonger l’effort avec une boucle de 93 km en redescendant côté Queyras, en traversant le Parc naturel régional du Queyras, puis en revenant par les vallées périphériques. En été, les opérations « Cols Réservés » permettent parfois de rouler sans circulation motorisée : une occasion rare pour immortaliser la montée en toute sécurité.
Verdict : une montée géographique et historique incontournable, exigeante mais accessible à tout grimpeur entraîné.

Le col du Galibier par le Lautaret : sur les traces du Tour 2026
Le col du Galibier est le point le plus haut accessible à vélo dans le Briançonnais : 2 642 mètres d’altitude. L’itinéraire classique part de Briançon et remonte pendant 27 km la vallée de la Guisane jusqu’au col du Lautaret, à 2 058 m. Ce premier tronçon, long et régulier, laisse le temps de trouver son rythme. La vraie ascension commence à hauteur du mémorial Henri Desgrange, fondateur du Tour de France : 8,5 km à 6,9 % de moyenne, avec un final où la pente atteint 12,1 %.
La récompense est un panorama à 360° sur la Meije et le glacier du massif des Écrins. En 2026, le col attire d’autant plus les amateurs qu’il figure au parcours de la 20e étape du Tour de France, qui doit franchir le sommet le 25 juillet. Les cyclistes peuvent déjà rouler dans la roue des coureurs du Tour. La route ouvre généralement de fin mai à mi-octobre, selon l’enneigement. Après le sommet, la descente vers Briançon est longue et technique, avec des vents de travers fréquents au niveau du Lautaret.
Verdict : une sortie d’endurance au final exigeant, portée par le prestige du Tour 2026 et de la Grande Boucle.
Le col du Granon : le mur de Serre Chevalier
Pour ceux qui cherchent l’effort le plus intense de la région, le Granon est un test de pure résistance. Ce col de 2 413 mètres culmine après une ascension de 11,5 km à 9,2 % de moyenne, sans le moindre replat pour souffler. Le départ se fait à la sortie de Saint-Chaffrey, mais la pente se tend immédiatement en remontant à flanc de la station de Serre Chevalier. Exposée plein sud, la route peut devenir éprouvante en été. Le dernier kilomètre devient minéral et venté, avec des passages à plus de 11 %.
Le Granon est connu dans le monde entier depuis le Tour de France 2022, lorsque Jonas Vingegaard y a remporté l’étape avant de prendre le maillot jaune à Tadej Pogačar. Depuis, le col attire les cyclotouristes qui veulent se mesurer à cette pente sans concession. La route se termine en cul-de-sac au sommet, ce qui limite fortement la circulation automobile. C’est un avantage pour la sécurité, et le silence du lieu tranche avec l’animation de la haute vallée de la Guisane. Les plus audacieux peuvent l’enchaîner avec le Galibier ou l’Izoard pour une journée de type marathon.
Verdict : le col le plus difficile du secteur, réservé aux jambes entraînées et au mental solide.
Le tour des forts de Vauban : l’aventure montagnarde
Le gravel révèle une autre facette de la région avec ce circuit consacré aux fortifications de Briançon, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des œuvres de Vauban. Ce tour d’environ 40 km cumule entre 1 200 et 1 400 m de dénivelé positif selon le tracé. Il emprunte des pistes militaires gravelisées, autrefois conçues pour le transport des troupes et de l’artillerie, sur un revêtement varié : bitume dégradé, tout-venant et chemins caillouteux.
Le fil conducteur passe par quatre sentinelles de pierre : le Fort des Têtes, le Randouillet, le Fort des Salettes et le Fort du Janus, qui culmine à 2 500 mètres. Depuis ce dernier, la vue plonge vers l’Italie et la vallée de la Durance, défendue par le Pont d’Asfeld. La traversée des zones argileuses demande de l’attention : mieux vaut éviter les distractions. Des pneus d’au moins 40 mm limitent les pincements sur les pierres tranchantes. À l’été 2026, ces tracés comptent parmi les plus ascensionnels du gravel alpin et gardent un vrai esprit d’aventure.
Verdict : un voyage sportif et culturel, idéal pour les amateurs de gravier et d’histoire.
La vallée de la Clarée et le col de l’Échelle : la nature sauvage
À quelques kilomètres de Briançon, un itinéraire beaucoup plus paisible s’impose pour une journée contemplative. Après une rampe initiale qui atteint ponctuellement 11 %, la route s’élève de nouveau puis rejoint la vallée de la Clarée, un espace préservé où les mélèzes et les torrents se succèdent jusqu’au village de Névache, à 21 km. La pente moyenne atteint 5 %, puis la route finit sur le plat pendant six à huit kilomètres, un apaisement rare à cette altitude.
Le col de l’Échelle, à 1 762 m, est le passage frontalier le plus abordable vers l’Italie. Côté français, seuls les deux derniers kilomètres sont soutenus, avant de basculer vers Bardonecchia. Pour une sortie plus longue, le retour par le col de Montgenèvre dessine une boucle de 77,4 km et 1 740 m de dénivelé positif, entre l’histoire de Briançon et la vallée verdoyante. Cette boucle classique convient à une journée d’entraînement avec une échappée vers l’Italie, ou à un parcours en VTT à assistance électrique.
Verdict : une échappée sauvage, accessible en famille et idéale pour rouler au frais en été.
Le Bike Park de Serre Chevalier : descente et adrénaline
Pour les amateurs de VTT, Serre Chevalier-Briançon compte parmi les plus grands domaines cyclables des Alpes du Sud. Le Bike Park comprend plusieurs secteurs, mais le Prorel, au départ de Briançon, permet de rejoindre rapidement les pistes grâce aux télécabines. Le site répertorie 55 sentiers, de la piste verte « Marmotte », avec 1 km de descente pour débuter en sécurité, aux pistes noires techniques comme la « Soupline », semée de racines. La montagne dispose aussi de la Rolling Zone, une série de pump tracks en accès libre pour travailler la technique du vélo.

Pour le VTT de descente, les forfaits évitent de devoir remonter à la pédale : comptez 48,50 € pour deux jours adultes en 2026. Une souplesse appréciable pour rouler les jours où les jambes répondent. Certaines remontées mécaniques peuvent être réservées aux piétons, il faut donc vérifier les horaires d’ouverture des différents tronçons. Ce circuit s’adresse à ceux qui préfèrent la montée d’adrénaline aux longues ascensions, avec des vues saisissantes sur les sommets des Écrins et le versant italien.
Verdict : la meilleure option pour troquer les grands cols contre des descentes soutenues, sans renoncer à l’altitude.















