Autour de Le Vigan, au pied du Parc national des Cévennes, sept circuits vélo concentrent en quelques kilomètres la diversité des Cévennes et des Causses. De la voie verte familiale sans voitures aux cols du Mont Aigoual, chaque boucle correspond à un niveau et à une envie. Voici les itinéraires les plus sûrs et les plus spectaculaires pour pédaler, à vélo musculaire ou à assistance électrique.
La voie verte de la vallée de l’Arre et la promenade du viaduc (familial & VTC)
Ce tronçon plat et sécurisé est une bonne porte d’entrée pour rouler en famille autour de Le Vigan, sans craindre la circulation.
La Promenade du Viaduc suit 3,5 à 4 km de voie sécurisée en site propre sur l’emprise de l’ancienne voie ferrée entre Le Vigan et Tournemire. Son enrobé lisse assure un roulement confortable pour les VTC, les tandems, les remorques enfants et les vélos à assistance électrique (VAE), dont le moteur assiste le pédalage. Le dénivelé est quasi nul sur la partie aménagée. En prolongeant la boucle sur routes partagées vers Bez-et-Esparon, Arre et Aumessas, comptez 150 à 170 mètres pour 17 à 22 km. L’ensemble reste réservé aux mobilités douces.
L’intérêt patrimonial se découvre à chaque coup de pédale. Vous franchissez le Viaduc de Lavassac, un ouvrage métallique de type Eiffel de 418 tonnes d’acier sur 80 mètres de portée, puis deux tunnels ferroviaires réhabilités et éclairés à l’énergie solaire. Des panneaux expliquent l’histoire du rail cévenol et la biodiversité des berges de l’Arre. Le tracé fait partie de la future Véloroute V85 entre Sommières et Albi. Les rives ombragées offrent des vasques naturelles et des aires de pique-nique pour une pause baignade en été.

La boucle du cirque de Navacelles et du causse de Blandas (cyclotourisme & VAE)
Cette grande boucle sportive relie la vallée cévenole au plateau calcaire classé au patrimoine mondial. Le contraste géologique est saisissant.
Au départ de Le Vigan, l’itinéraire totalise 65 à 70 km pour 1 100 à 1 300 mètres de dénivelé positif sur route goudronnée. La montée par la D158 mène au Causse de Blandas, une steppe aride balayée par le vent et ponctuée de murets en pierre sèche. Le belvédère de Blandas domine le Cirque de Navacelles, un canyon d’effondrement de plus de 300 mètres de profondeur creusé par la Vis et labellisé Grand Site de France. Une borne publique recharge les batteries de VAE sur place.
La descente en lacets vers le hameau insulaire de Navacelles exige de bons freins et une trajectoire maîtrisée. La remontée côté Hérault, par Saint-Maurice-Navacelles, enchaîne des rampes soutenues taillées dans le calcaire. Vous traversez ensuite les gorges de la Vis jusqu’à Madières, l’un des plus beaux passages en balcon de la région, puis remontez vers Montdardier et son château néogothique face au Mont Aigoual. Le retour par les châtaigneraies et la garrigue boucle l’aventure loin des axes les plus fréquentés.
Le causse vous coupe le souffle, puis le cirque vous le rend autrement
— Témoignage d’un cyclotouriste au belvédère de Blandas
L’ascension mythique du mont Aigoual par le col de la Lusette (vélo de route sportif)
Réservée aux grimpeurs entraînés, cette ascension cumule le dénivelé et les pentes les plus exigeantes du secteur viganais.
La boucle affiche 85 km et 1 715 mètres de dénivelé au départ de Le Vigan, avec des rampes à 14 à 15 % sous le Cap de Coste sur la D329. Après Mandagout, la route s’enfonce en forêt et ne laisse aucun répit jusqu’au Col de la Lusette, à 1 351 mètres d’altitude. Ce col a marqué le Tour de France 1987, lorsque Bernard Hinault y posa pied à terre. La 6e étape du Tour de France 2020 l’a ensuite popularisé comme un col alpin du Sud. Le pourcentage moyen est trompeur : les ruptures de pente imposent une gestion fine de l’effort.
Depuis la Lusette, vous rejoignez L’Espérou avant l’assaut final vers le sommet du Mont Aigoual, à 1 567 mètres, point culminant du Gard et dernier observatoire météorologique habité de France. Par temps clair, la vue porte des Alpes aux Pyrénées et couvre un quart du territoire. Prévoyez un coupe-vent et des gants, même l’été : le sommet connaît des écarts thermiques brutaux et de fortes rafales. Une station de recharge pour VAE se trouve sur le parking de l’observatoire. Le retour se fait par Valleraugue, au terme d’une longue descente fluide le long de la haute vallée de l’Hérault.
La boucle classique du col du Minier et de la haute vallée de l’Hérault (cyclo-montagne)
Plus régulière que la Lusette, cette montée montagnarde se grimpe longtemps à rythme constant, sans à-coups.
L’itinéraire compte 72 à 75 km pour environ 1 400 mètres de dénivelé, dont 21 kilomètres d’ascension continue à 5 % de moyenne par la D48 depuis Le Vigan. Avec une pente comprise entre 5 et 6 %, le pédalage reste fluide sous les châtaigneraies, puis les hêtraies. Vous traversez la forêt domaniale de l’Aigoual, reboisée dès la fin du XIXe siècle par le forestier Georges Fabre afin de restaurer les terrains de montagne. La chaussée en enrobé reste en bon état et la circulation automobile est modérée.
Le Col du Minier se franchit à 1 264 mètres d’altitude, dans le Parc national des Cévennes. L’air y fraîchit nettement, même lors des journées chaudes. Vous poursuivez en balcon vers Prat Peyrot et L’Espérou, carrefours de transhumance et de randonnée. La descente par la D986 enchaîne des lacets réguliers avec des vues ouvertes sur les serres, ces crêtes allongées, et les valats, ces petits vallons cévenols. Le passage par Valleraugue puis Pont d’Hérault ramène vers Le Vigan par un faux plat descendant très roulant le long de l’Hérault.
Le circuit des balcons viganais par le col des Mourèzes et Roquedur (demi-journée sportive & gravel)
Pour une sortie de deux à trois heures, ce circuit intermédiaire mêle petites routes calmes et patrimoine agropastoral.
La boucle varie de 34 à 47 km pour 800 à 1 200 mètres de dénivelé selon la variante choisie, avec un point haut au Col des Mourèzes, vers 600 mètres d’altitude. Vous empruntez les départementales D981, D329 et D170, où le trafic reste très faible. Dès la sortie de Le Vigan, la vue plonge sur la cuvette de l’Arre et les premiers contreforts schisteux. Le tracé passe par Roquedur-le-Bas, Roquedur-le-Haut et Mandagout, avec des ondulations accessibles.
Le secteur se reconnaît à ses bancèls, ces terrasses soutenues par des murets en pierre sèche qui retiennent la terre sur la pente. On y cultive l’Oignon Doux des Cévennes en AOP et la Pomme Reinette du Vigan, deux spécialités locales qui profitent de l’ensoleillement et du drainage naturel. L’ascension du col se fait en forêt sur des rampes régulières, sans passage extrême. Les amateurs de gravel, pratique mêlant route et chemins non goudronnés avec un vélo polyvalent, disposent de nombreuses variantes sur pistes forestières et chemins vicinaux entre les châtaigneraies. La descente finale ramène rapidement au centre de Le Vigan par une route en lacets fluide.
Les boucles VTT FFC de la vallée de l’Arre et des contreforts du Lingas (tout-terrain & VTT-AE)
Labellisé par la Fédération Française de Cyclisme, ce réseau tout-terrain propose quatre niveaux progressifs au départ du centre de Le Vigan.
L’espace compte quatre circuits balisés du vert au noir, du familial à l’expert. Le circuit vert n°1 s’étire sur 17 km avec seulement 150 mètres de dénivelé le long de l’Arre, idéal pour débuter. Les boucles rouge et noire approchent 50 km et plus de 1 200 mètres de dénivelé, avec des monotraces techniques. Le singletrack, un sentier étroit pour un seul vélo, serpente sur schiste, racines et dalles. Vous croisez des calades cévenoles, ces chemins pavés de pierres plates, et des gués ludiques au fil de l’eau.
Le schiste offre une bonne accroche par temps sec, mais demande une lecture précise en descente. Le VTT à assistance électrique, ou VTT-AE, rend les pentes raides accessibles sans enlever l’intérêt du pilotage. Le Vélo Club Mont Aigoual Pays Viganais et la Communauté de Communes du Pays Viganais entretiennent le balisage. Sur place, plusieurs magasins louent des VTT tout-suspendus récents et des écoles proposent des sorties encadrées par des moniteurs diplômés d’État. Des vasques le long de l’Arre offrent une pause baignade entre deux sections techniques.
- Vérifiez la pression des pneus et l’état des plaquettes avant les singles schisteux.
- Emportez au moins 1,5 litre d’eau et une chambre à air adaptée au format tubeless.
- Privilégiez un casque intégral léger et des gants longs sur les boucles rouge et noire.

L’aventure GTMC : tronçon mont Aigoual – Le Vigan – causse de Blandas (itinérance & bikepacking)
Ce tronçon de la Grande Traversée du Massif Central fait de Le Vigan une étape entre moyenne montagne et plateaux caussenards.
La GTMC relie le Morvan à la Méditerranée sur près de 1 400 km en itinérance à VTT. Autour de Le Vigan, vous enchaînez 74 km et plus de 2 000 mètres de dénivelé en deux étapes : L’Espérou – Le Vigan (38 km) et Le Vigan – Blandas (36 km). Le balisage officiel associe des panonceaux blancs à triangle et des cercles rouges portant la mention GTMC. Le bikepacking, voyage à vélo en autonomie avec des bagages légers, convient bien à ce parcours varié.
La première étape plonge depuis le Col du Minier par la vallée de Salagosse et le village d’Esparon, sur son éperon rocheux, avant de rejoindre les berges de l’Arre. À Le Vigan, des services labellisés Accueil Vélo et Accueil GTMC accueillent les voyageurs pour dormir, réparer et se ravitailler. La seconde étape remonte vers Montdardier par une ascension forestière soutenue, puis débouche sur le causse entre menhirs, dolmens et murets de pierre sèche, jusqu’aux belvédères de Navacelles. On passe alors des pentes cévenoles aux grands plateaux des Causses et Cévennes, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.















