Sculpté par l’érosion dans un calcaire blanc, le Parc national des Calanques déroule ses criques turquoise entre Marseille et La Ciotat, sur 20 kilomètres de littoral. Ce sanctuaire, rare par sa proximité avec une métropole, offre un week-end d’aventure dans une nature brute. La randonnée domine, mais les baignades dans une eau limpide, les sorties en kayak et les villages de pêcheurs complètent l’expérience, aux portes de la deuxième ville de France.
Les Calanques en bref : entre terre et mer
Le Parc national des Calanques n’est pas un parc comme les autres. C’est le premier parc national périurbain d’Europe : une nature sauvage à quelques kilomètres d’une métropole de près de deux millions d’habitants. Avec ses 8 500 hectares terrestres et 42 000 hectares marins, il réunit des paysages très différents. Entre Marseille, Cassis et La Ciotat, il reste facile d’accès, à condition de préparer sa sortie.
Le parc se découvre sur deux versants. À terre, des sentiers escarpés traversent une garrigue odorante et ouvrent sur des falaises qui tombent droit dans une mer bleu profond. En mer, les herbiers de posidonie et les grottes abritent une biodiversité fragile. Cette richesse impose des règles d’accès strictes.
Pour réussir votre week-end, préparez votre itinéraire avec soin. La météo, la difficulté des sentiers et la réglementation du jour comptent autant que la destination choisie. Consultez les informations officielles avant de partir : le parc peut fermer temporairement pour des raisons de sécurité ou de protection de l’environnement.
Votre point de chute change l’ambiance du séjour. Pour le charme d’un port de pêche, les façades pastel et les restaurants animés, choisissez Cassis. Son centre-ville et sa proximité avec les calanques en font une base pratique. Si vous préférez les musées, les quartiers contrastés et les soirées qui se prolongent, Marseille offre davantage d’options, avec des hébergements pour tous les budgets. Cassis convient aux séjours calmes et romantiques ; Marseille, aux escapades plus urbaines et animées.

Sans voiture, le réseau de transport dessert bien les principaux accès. Depuis Marseille, le train régional relie Cassis en 17 minutes depuis la gare Saint-Charles. Les bus RTM 19, 21, 23 et B1 desservent les départs de randonnée de Luminy, Sormiou ou des Goudes. À Cassis, laissez votre véhicule au parking relais des Gorguettes : des navettes à 1,60 € aller-retour rejoignent le centre-ville. Téléchargez aussi l’application officielle Mes Calanques, utile pour vérifier les conditions d’accès en temps réel.
Règles d’or et sécurité : préparer sa visite en 2026
La fréquentation des Calanques dépasse les 2 millions de visiteurs par an sur certains secteurs. Les autorités ont donc instauré une gestion stricte, non pour gâcher la visite, mais pour limiter les dégâts sur un site très exposé à la surfréquentation. Mieux vaut connaître les règles avant de partir.
La mesure la plus connue concerne la réservation obligatoire à Sugiton. Mise en place pour freiner l’érosion et la surfréquentation, elle reste en vigueur en 2026. La réservation, gratuite, se fait sur le site du parc national et concerne l’accès au littoral, à la plage de galets comme aux zones de baignade. Les créneaux ouvrent trois jours avant la visite, à 9 heures, et partent vite. La jauge est fixée à 400 personnes par jour, ce qui change radicalement l’ambiance du site. La mesure a réduit la pression sur les écosystèmes locaux.
Le risque incendie peut aussi décider de votre programme. Chaque jour à 18 heures, la préfecture des Bouches-du-Rhône publie un code couleur : vert pour un risque faible, jaune pour un risque modéré et rouge pour un risque sévère. En rouge, l’accès au massif forestier est interdit, y compris sur le littoral. Dans cette région sèche et ventée, un mégot peut suffire à embraser des centaines d’hectares. Vérifiez ce code avant de partir, surtout l’été.
La sécurité personnelle compte tout autant. Le parc est une montagne qui tombe dans la mer, sous un soleil souvent violent. Prévoyez des chaussures de marche et 2 litres d’eau minimum par personne. Les tongs n’ont rien à faire sur ces sentiers caillouteux. Marcher dans les Calanques demande une condition physique correcte et un minimum de préparation : chaque été, les secours interviennent pour des entorses, des chutes ou des coups de chaleur. Fumer, bivouaquer ou allumer une flamme y est interdit. Ce sont des obligations légales, pas de simples recommandations.
Jour 1 : Port-Miou, Port-Pin et En-Vau, le trio de Cassis
Cette première journée mène vers le secteur le plus spectaculaire du parc : les calanques de Cassis. Ces trois criques ont chacune leur caractère. L’itinéraire est exigeant, mais la récompense est là.
Partez de la presqu’île de Cassis, après avoir laissé votre voiture au parking des Gorguettes et pris la navette. Le sentier commence à Port-Miou, une calanque en forme de fjord. On y extrayait autrefois la pierre de taille qui a servi à bâtir une partie de Marseille. Elle abrite aujourd’hui un port naturel où mouillent les bateaux de plaisance. La marche suit un large chemin empierré, sans difficulté majeure, et constitue une bonne mise en jambes. C’est aussi le point de départ de nombreuses sorties en kayak.
Après environ 30 minutes de marche, vous arrivez à Port-Pin. Plus intime, la calanque abrite une plage de galets bordée de pins parasols, précieux aux heures chaudes. L’eau vert émeraude y est limpide et la baignade fait oublier l’effort. Faites-y une première pause avant d’attaquer la suite du parcours. La pente douce de la plage convient aussi aux familles avec enfants.
En-Vau reste le grand moment de la randonnée. La crique s’enfonce entre de hautes parois de calcaire blanc, face à une eau cristalline. À l’approche de la plage, le sentier devient plus technique et plus caillouteux. La descente finale, abrupte et sinueuse, tire sur les genoux et réclame de l’attention. Comptez environ 1 h 15 à 1 h 30 de marche depuis Cassis pour rejoindre la plage. Depuis le belvédère, à 170 mètres d’altitude, le regard plonge sur les falaises de la Grande Candelle. C’est l’un des panoramas les plus marquants de la Côte d’Azur.

Si la chaleur et les chemins escarpés ne vous séduisent pas, louez un kayak à Port-Miou. Comptez environ 50 € pour quatre heures de sortie guidée. Vous longerez la côte, entrerez dans des grottes marines et verrez les falaises depuis la mer. Le kayak donne accès à des criques inaccessibles à pied, tandis que les guides racontent l’histoire des lieux et vous éloignent des zones les plus fréquentées.
Jour 2 : l’âme marseillaise et les criques sauvages
Après la journée tournée vers Cassis, cap sur le versant marseillais du parc. Cette partie, plus discrète et très liée à la vie des quartiers, contraste avec les calanques cassidaines. On y croise des villages de pêcheurs et des massifs plus isolés.
Le matin, partez du massif de Luminy. C’est l’accès le plus simple à la calanque de Sugiton, l’une des plus recherchées du parc. La marche dure environ 45 minutes sur une piste large et ensoleillée. Si vous avez réservé, vous pouvez descendre jusqu’à l’eau. Sinon, arrêtez-vous au belvédère de Sugiton, aussi appelé Tour d’Orient. Il domine la calanque de Morgiou, la Grande Candelle et l’archipel de Riou. La vue suffit à justifier la marche, sans imposer la descente. En fin de matinée, la lumière accentue le contraste entre le calcaire blanc, la garrigue verte et la mer sombre.
Pour marcher dans un autre secteur, choisissez la calanque de Sormiou, accessible depuis la Cayolle avec le bus 23. Le sentier, plus roulant, rejoint en 50 minutes de marche une calanque large et ouverte. Un petit port de pêche actif et ses cabanons colorés lui donnent une allure différente de Sugiton. Des familles marseillaises y passent leurs journées depuis des générations.
L’après-midi, rejoignez les Goudes, au bout de Marseille. Ce village de pêcheurs, serré au pied d’un massif aride, a gardé un charme intact. Ses ruelles étroites, ses maisons blanchies à la chaux et son petit port composent un décor presque immobile. Le bus 20 y mène depuis la Madrague de Montredon. Depuis le port, une courte marche rejoint Callelongue, un hameau encore plus sauvage, puis le départ du sentier vers la calanque de Marseilleveyre. Les Marseillais viennent volontiers y déjeuner face à l’eau ou s’y baigner en fin d’après-midi.
Terminez le week-end au Cap Croisette, à quelques minutes de marche de Callelongue. Installez-vous sur les rochers face à l’île Maire. Au coucher du soleil, sa silhouette minérale découpe l’horizon tandis que le soleil disparaît derrière la Méditerranée. Difficile de trouver une meilleure dernière image des Calanques.

Carnet d’adresses : se restaurer et dormir avec vue
Un week-end dans les Calanques passe aussi par les produits de la mer et les vins blancs de Cassis. Les bonnes adresses ne manquent pas, mais réservez tôt en haute saison. Le choix de l’hébergement dépend surtout de votre façon de voyager.
À Cassis, l’hôtel 5 étoiles Les Roches Blanches surplombe la plage de la Bestouan. Son restaurant La Pétanque sert une cuisine provençale raffinée avec vue sur la mer et le Cap Canaille. Pour une atmosphère plus intime, choisissez une chambre d’hôtes de style bastide dans les collines de Cassis, à quelques minutes à pied du port. Vous y trouverez du calme, loin de l’animation du front de mer.
Les budgets plus serrés peuvent dormir à l’Auberge de Jeunesse de la Fontasse, une adresse rustique et isolée sur les hauteurs de Port-Miou. Son emplacement, dans le massif, convient particulièrement aux randonneurs. Le confort est sommaire, sans eau courante, mais le ciel étoilé et l’isolement font partie de l’expérience. À Marseille, le quartier des Goudes propose aussi des cabanons rénovés.
À Cassis, la Poissonnerie Laurent est une institution familiale, forte de cinq générations de savoir-faire. On y sert du poisson pêché localement et préparé sans fioritures. La terrasse sur le port convient bien à un déjeuner au bord de l’eau. Pour un repas d’exception, la Villa Madie, récompensée de 3 étoiles Michelin, propose une cuisine créative avec vue panoramique sur le port. Gardez cette table pour les grandes occasions.
Côté Marseille, les restaurants de cabanons font partie du paysage. À Sormiou, Le Château sert depuis 1948 une bouillabaisse en deux services. La salle est chaleureuse, le cadre reste simple et l’eau est à quelques mètres. Réservez plusieurs semaines à l’avance : l’adresse est très demandée et l’accès se fait en partie par la mer. Pour une table plus chic, le Tuba Club, hôtel-restaurant installé dans la calanque de Morgiou, occupe un ancien club de plongée transformé par des surfeurs. On y mange les pieds dans l’eau, dans un décor brut et élégant. Réservez plusieurs semaines à l’avance.















