Deux cyclistes longent le Canal de la Robine dans le centre historique de Narbonne sous un ciel méditerranéen lumineux.

Top 6 des circuits vélo incontournables autour de Narbonne pour tous les niveaux

·

·

Résumer cet article avec :

Vous pédalez depuis le centre-ville de Narbonne et, en moins d’une heure, vous longez déjà une lagune, un canal classé à l’UNESCO ou une garrigue parfumée. Autour de la sous-préfecture audoise, six itinéraires balisés permettent de rouler sans voiture entre mer, vignobles et patrimoine médiéval. Voici, kilomètre par kilomètre, les tracés les plus accessibles et les plus spectaculaires à choisir selon votre niveau et la saison.


1. Le Canal de la Robine : de Narbonne à Port-la-Nouvelle et l’île Sainte-Lucie

Cet itinéraire emblématique relie le cœur historique à la Méditerranée par un chemin de halage plat, protégé et entièrement balisé.

Le tracé suit 24 km de canal entre le cours Mirabeau et le port de Port-la-Nouvelle. Le dénivelé positif reste inférieur à 15 mètres. Comptez généralement de 1 h 30 à 2 h 00 à vélo de randonnée ou à vélo tout-chemin. Le canal s’étend sur 32 km jusqu’à son embouchure et constitue un embranchement du Canal du Midi, inscrit au patrimoine mondial. La section narbonnaise fait partie de deux véloroutes structurantes : l’EuroVelo 8 (La Méditerranée à Vélo) et la V80 (Le Canal des 2 Mers à vélo). Le revêtement, stabilisé et roulant, convient aux VTC, aux gravels et aux vélos à assistance électrique.

Cyclistes roulant sur le chemin de halage plat du Canal de la Robine entre Narbonne et Port-la-Nouvelle, bordé de lagunes et de bateaux amarrés.
Le long du Canal de la Robine, l’itinéraire plat et protégé vers Port-la-Nouvelle et l’île Sainte-Lucie convient à tous les niveaux.

Le parcours traverse le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée sur une langue de terre étroite, entre l’Étang de Bages-Sigean à l’ouest et l’Étang de l’Ayrolle à l’est. Les vues se succèdent sur les sansouïres, ces steppes salées basses colonisées par la salicorne. La halte s’impose à la réserve naturelle régionale de l’Île Sainte-Lucie, gérée par le Conservatoire du Littoral. Elle abrite plus de 300 espèces floristiques, dont un tiers d’espèces rares, ainsi que des pinèdes et d’anciennes carrières antiques. Pour le retour, le TER en 15 minutes relie Port-la-Nouvelle à Narbonne avec compartiments vélo. Prévoyez chapeau et coupe-vent : exposition totale au soleil et à la tramontane, ce vent du nord-ouest qui peut durcir le pédalage à l’aller comme au retour.

2. La Littorale : de Narbonne à Gruissan et Saint-Pierre-la-Mer

La voie verte La Littorale est la liaison sécurisée la plus familiale pour rejoindre les stations balnéaires sans partager la route avec les voitures.

Le tracé principal affiche 28 à 33 km selon la destination finale, pour seulement 84 mètres de dénivelé cumulé. Il quitte le centre de Narbonne par le Canal de la Robine jusqu’à l’Écluse de Mandirac, puis suit le Canal de la Réunion à travers roselières et lagunes. La liaison entre le centre de Narbonne et Gruissan représente 14,5 km, soit environ 60 minutes à allure modérée. Le tronçon Mandirac – Gruissan compte 7 km sans dénivelé et se parcourt en 30 minutes sur un enrobé lisse. L’aménagement est presque entièrement goudronné, adapté aux vélos de ville, VTC et VAE, avec aires de pique-nique et points d’eau potable.

À l’approche de Gruissan, la vue s’ouvre sur le village en circulade dominé par la Tour Barberousse et sur le Massif de la Clape en arrière-plan. 21 km de pistes cyclables et 26 prestataires labellisés Accueil Vélo y proposent abri, kit de réparation et accueil pour les cyclotouristes. Le circuit se prolonge facilement vers le Salin de l’Île Saint-Martin, la Plage des Chalets sur pilotis rendue célèbre par le cinéma, puis vers Narbonne-Plage et Saint-Pierre-la-Mer par le front de mer. La ligne de bus du Grand Narbonne offre une solution pour rentrer sans pédaler en cas de fatigue ou de vent de face.

3. La boucle des lagunes : de Narbonne à Bages et Peyriac-de-Mer

Cette boucle d’environ 30 à 38 kilomètres passe par deux villages perchés et des salines sur pilotis, au bord de l’Étang de Bages-Sigean.

Le départ s’effectue depuis Port-la-Nautique, le quartier fluvial au sud de Narbonne, par de petites routes à très faible trafic. Le premier cap est Bages, promontoire rocheux réputé pour ses ruelles en calade, ce pavage traditionnel de galets, et ses galeries d’artistes. Le tracé traverse ensuite vignes et garrigue, cette végétation basse de chênes kermès et de romarin, jusqu’à Peyriac-de-Mer. La liaison Bages – Peyriac-de-Mer affiche 9,2 km pour 139 mètres de dénivelé positif, soit une difficulté moyenne avec de courts faux-plats. Un VTC ou gravel est nécessaire sur le revêtement mixte : bitume lisse, graviers stabilisés et pistes de terre damée alternent.

Le clou du parcours se trouve aux anciennes salines de Peyriac et à l’Étang du Doul, où des pontons de bois sur pilotis surplombent une eau sursalée. La salinité y atteint environ 80 grammes par litre, soit plus du double de la Méditerranée. Elle attire flamants roses, échasses blanches, hérons cendrés et tadornes de Belon. L’observation se fait mieux au petit matin, jumelles en main, depuis les sentiers balisés. Le cumul d’environ 150 mètres de dénivelé positif rend la boucle accessible avec une assistance électrique. À Bages comme à Peyriac-de-Mer, les places ombragées accueillent des terrasses où déguster huîtres de Leucate et vins des Corbières.

4. L’échappée du Canal de Jonction : de Narbonne au Somail via Sallèles-d’Aude

Cap au nord par le Canal de Jonction, petite branche historique de cinq kilomètres qui relie la Robine au Canal du Midi.

L’étape Narbonne – Le Somail totalise 24 km en moins de deux heures, avec un profil descendant de 21 mètres et aucune montée notable. Le départ longe les quais ombragés, l’Écluse du Gua puis l’Écluse de Raonel, avant de gagner Cuxac-d’Aude et Sallèles-d’Aude par des voies partagées à faible circulation. Le Canal de Jonction aligne sept écluses qui compensent plus de 20 mètres de dénivelé jusqu’à l’Aude. L’ouvrage hydraulique de l’Écluse de Gailhousty, avec son double bassin et son vaste épanchoir datant de l’Ancien Régime, témoigne du savoir-faire des ingénieurs de Pierre-Paul Riquet.

À Sallèles-d’Aude, un détour s’impose au musée Amphoralis, ancien atelier de potiers gallo-romains restitué grandeur nature. L’arrivée au Somail dévoile un hameau fluvial du XVIIe siècle : pont en dos d’âne, ancienne glacière et librairie de livres anciens abritant des milliers d’ouvrages rares. Au XIXe siècle, plus de 28 000 passagers transitaient chaque année par son port. Prudence aux carrefours départementaux sur les sections en voirie partagée, même si le trafic reste modéré. La véloroute se prolonge ensuite vers Ventenac-en-Minervois ou Argens-Minervois pour une itinérance plus longue sur le Canal du Midi.

5. Le massif de la Clape en VTT et gravel : les crêtes, vignobles et l’Œil Doux

Ancienne île rocheuse devenue massif calcaire classé, la Clape concentre plus de 200 kilomètres de circuits balisés pour le tout-terrain.

Le réseau labellisé par la Fédération Française de Cyclisme se divise en deux pôles : Gruissan au sud avec 110 km et 6 boucles, et Fleury d’Aude / Domaine de l’Oustalet au nord avec 135 km et 8 boucles. Les niveaux vont du vert familial au noir engagé, avec des distances de 15 à 40 km et 500 à 700 mètres de dénivelé pour les plus sportifs. Exemple : le circuit n°2 de l’Île Saint-Martin au départ de Gruissan affiche 31,5 km pour 610 mètres de dénivelé positif. Le terrain alterne lapiaz, ces dalles calcaires fissurées, et singles étroits entre pins d’Alep et parcelles d’appellation La Clape.

VTTiste sur un sentier rocailleux du massif de la Clape, entre pins, vignes et falaises dominant le gouffre de l’Œil Doux.
Dans le massif de la Clape, les circuits VTT et gravel enchaînent crêtes calcaires, vignobles et panoramas spectaculaires sur la mer.

Les curiosités se succèdent sur les crêtes : le gouffre de l’Œil Doux, cénote circulaire à l’eau émeraude cerné de falaises, le Pech Redon, la vigie et la chapelle Notre-Dame des Auzils, avec panorama sur la mer. Le site, classé depuis 1973, couvre près de 15 000 hectares et relève du réseau Natura 2000. Restez sur les tracés balisés afin de limiter l’érosion. En été, les fermetures préfectorales sont fréquentes en raison du risque d’incendie : consultez la carte journalière du risque feux de forêt avant de partir. Privilégiez le printemps et l’automne, équipez-vous de pneus renforcés et prévoyez 1,5 litre d’eau par personne.

6. La boucle des Corbières occidentales : de Narbonne à l’abbaye de Fontfroide

Cette boucle vallonnée de 35 à 48 kilomètres mêle petites routes viticoles et chef-d’œuvre cistercien installé dans un vallon préservé.

Au départ de Narbonne, l’itinéraire file vers Montredon-des-Corbières puis Bizanet par des voies de vignes balisées et des départementales secondaires peu fréquentées. Le relief cumule entre 300 et 740 mètres de dénivelé positif selon la variante, ce qui impose de gérer son effort ou d’opter pour un vélo à assistance électrique. Le point fort du parcours est l’Abbaye Sainte-Marie de Fontfroide, fondée en 1093 et labellisée Grand Site d’Occitanie. L’ensemble cistercien conserve cloître, dortoir des moines et jardins en terrasses. Sa roseraie historique compte 2 500 rosiers, 16 coloris, en fleurs de mai à septembre.

Les plus entraînés peuvent prolonger sur les pistes DFCI du Massif de Fontfroide, site naturel classé selon la loi de 1930 et zone de protection spéciale pour les oiseaux, jusqu’à la Croix de Fontfroide. Le belvédère offre une vue dégagée sur les Pyrénées, les étangs et la plaine narbonnaise. Comme dans la Clape, fermeture en alerte incendie des pistes forestières est possible en plein été. Emportez coupe-vent, chambres à air et encas : les commerces se raréfient entre les villages. Le retour passe par Bizanet, village typique du Grand Narbonne, avant de retrouver les quais de Narbonne par la plaine viticole.